Ha goût a rit?

Noms de lieux : attention à l’étymologie populaire.

Celle-ci consiste à faire un rapprochement entre un mot et son origine supposée, par analogie de forme ou de sens. Et tombe parfois à côté, tant il est difficile de donner un sens à des noms qui sont très anciens.
En voici quelques exemples :

 Plomelin (br. Ploveilh) dont le nom a souvent été associé aux moulins (melin qui a donné meilh en Cornouaille et milin en Leon) qui se trouvaient dans la paroisse a peut-être plus à voir avec un saint nommé Meryn. On rencontre Ploemerin (vers 1330), Ploemelin (en 1574), Plouveil (en 1714)

 Guengat (br. Gwengad) n’a rien à voir avec un lièvre (gad) blanc. Il s’agit du nom de la famille qui a donné son nom à la commune et viendrait du vieux-breton Uuin, "blanc, valeureux" et Cat, "combat"

 Il y a peu de chance, comme pourtant entendu, qu’il soit question de huit petits chiens dans Esquibien (eizh ki bihan). Eskibien est le pluriel d’eskob (évêque) et désignerait un fief episcopal.

 Si l’origine de Mahalon reste encore mystérieuse (Mathalon en 1160), elle a peu de rapport avec « Ma c’halon » (mon cœur).

Il en est de même pour les noms de personnes.
Ainsi, Hascoët n’est pas un écureuil (ur c’hazh-koad) mais provient d’un ancien nom guerrier composé de Hoiarn et scoeit soit houarn en breton moderne (fer) et skoed (écu).

Ces quelques exemples nous rappellent qu’il convient donc, en matière d’étymologie, de se méfier des raccourcis qui ne mènent souvent nulle-part.

Hizivadur ziwezhañ :8 a viz Gouere 2025