Kentel
La préposition da traduit le français « à ».
Da biv eo al levr-mañ ? À qui est ce livre ?
Da Yann eo. À Yann, il est.
La plupart des prépositions se conjuguent en breton. Ainsi, « à moi » ne se dira pas *da me, mais din.
- Da biv eo ar stilo-mañ ? À qui est ce stylo ?
- Din eo. À moi, il est.
| Da | français | autre façon |
| Din | à moi | |
| dit | à toi | |
| dezhañ | à lui | |
| dezhi | à elle | |
| deomp | à nous | dimp |
| deoc’h | à vous | |
| dezho | à eux | dezhe |
Il est à noter qu’elle provoque une mutation adoucissante :
Da biv eo ar c’hi ? À qui est le chien ?
Da Vaiwenn eo. À Maiwenn, il-est.
Utilisée pour indiquer la propriété, elle peut aussi être employée avec certains verbes pour introduire un complément d’objet indirect (COI). Ainsi :
Pellgomzet ’m eus da Alan. J’ai téléphoné à Alan.
Skrivet he deus din. Elle a écrit à moi. (= Elle m’a écrit). La préposition « désigne » la personne à qui on a « fait, attribué » quelque chose.
Pellgomzet ’m eus dit. J’ai téléphoné à toi.
Lâret ’m eus pep tra dezhañ. J’ai tout dit à lui.
Roet ’m eus ur pok dezhi. J’ai donné un baiser à elle.
Kaset he deus bleunioù dezho. Elle a envoyé des fleurs à eux/elles.
Voici quelques verbes utilisant – si besoin – la préposition « da » :
reiñ da : donner (à)
lâret da : dire (à)
skrivañ da : écrire (à)
kas, degas da : envoyer, emmener, apporter (à)
pellgomz da : téléphoner (à)
Voici un point qui peut parfois poser problème par rapport au français et qui s’observe avec voir (gwelet) et téléphoner (pellgomz).
On peut avoir :
J’ai vu Ø Yann / J’ai téléphoné à Yann.
Jusque-là, pas de problème. Et si nous remplaçons Yann par son pronom, les choses restent encore claires :
Je L’ai vu / Je LUI ai téléphoné.
Mais il suffit de changer de personne pour que les phrases soient identiques :
Je T’ai vu / Je T’ai téléphoné.
Il faudra bien faire attention à employer la préposition qui convient :
Gwelet ’m eus ac’hanout / Pellgomzet ’m eus dit.
Attention !
Da est une préposition associée à de nombreux verbes pour introduire le complément d’objet indirect mais elle n’est pas la seule : on utilise également gant, digant, ouzh....
Ainsi :
Komz gant... Parler avec quelqu’un.
Komzet ’m eus gant Nolwenn. J’ai parlé avec Nolwenn.
Komz ouzh... S’adresser à quelqu’un ; parler à quelqu’un.
Kit da gomz ouzh ur psikolog ! Aller vous adresser à un psychologue !
Elle peut aussi apparaître là où on ne l’attend pas :
Pokat da... Donner un baiser à quelqu’un.
Poket he deus da Erwan. Elle a donné un baiser à Erwan.
Hopal da... Appeler quelqu’un en criant.
Piv en deus hopet din ? Qui m’a appelé ?
Méfiez-vous donc des traductions littérales utilisant « da » à chaque fois qu’on utilise les prépositions « à » ou « de » en français pour introduire le complément ! Et parfois, elle pourra apparaître quand bien même il n’y aura rien en français.
A vous donc de connaître les verbes qui fonctionnent avec ou sans « da », petit à petit.
Adlavaret
Poelladennoù
Poelladenn 1
Poelladenn 2
Poelladenn 3
Evit mont pelloc’h
Pour aller plus loin sur le sujet vous trouverez ici une vidéo sur les prépositions qui se conjuguent :
https://www.youtube.com/watch?v=TP_yPOiasyU
Ha goût a rit?
Noms de lieux : attention à l’étymologie populaire.
Celle-ci consiste à faire un rapprochement entre un mot et son origine supposée, par analogie de forme ou de sens. Et tombe parfois à côté, tant il est difficile de donner un sens à des noms qui sont très anciens.
En voici quelques exemples :
Plomelin (br. Ploveilh) dont le nom a souvent été associé aux moulins (melin qui a donné meilh en Cornouaille et milin en Leon) qui se trouvaient dans la paroisse a peut-être plus à voir avec un saint nommé Meryn. On rencontre Ploemerin (vers 1330), Ploemelin (en 1574), Plouveil (en 1714)
Guengat (br. Gwengad) n’a rien à voir avec un lièvre (gad) blanc. Il s’agit du nom de la famille qui a donné son nom à la commune et viendrait du vieux-breton Uuin, "blanc, valeureux" et Cat, "combat"
Il y a peu de chance, comme pourtant entendu, qu’il soit question de huit petits chiens dans Esquibien (eizh ki bihan). Eskibien est le pluriel d’eskob (évêque) et désignerait un fief episcopal.
Si l’origine de Mahalon reste encore mystérieuse (Mathalon en 1160), elle a peu de rapport avec « Ma c’halon » (mon cœur).
Il en est de même pour les noms de personnes.
Ainsi, Hascoët n’est pas un écureuil (ur c’hazh-koad) mais provient d’un ancien nom guerrier composé de Hoiarn et scoeit soit houarn en breton moderne (fer) et skoed (écu).
Ces quelques exemples nous rappellent qu’il convient donc, en matière d’étymologie, de se méfier des raccourcis qui ne mènent souvent nulle-part.
Geriaoueg
| eskob, (pl. eskibien) | évêque |
| frouezh | fruits |
| gad°, (pl. gedon) | lièvre |
| glizh | rosée |
| gwenn | blanc |
| gwirionez° | vérité |
| houarn, (pl. houarnioù, houarnoù, hern) | fer |
| kalon°, (pl. kalonoù) | coeur |
| kartenn°, (pl. kartennoù) | carte |
| kasketenn°, (pl. kasketennoù) | casquette |
| kazh-koad, (pl. kizhier-koad) | écureuil |
| levr, (pl. levrioù) | livre |
| lizher-glizh, (pl. lizheroù-glizh) | billet doux |
| meilh°, (pl.meilhoù) | moulin |
| milin°, (pl. milinoù) | moulin |
| skoed, (pl. skoedoù) | écu |
| degas | amener, apporter |
| kas | emmener, emporter |
| pellgomz | téléphoner |
| reiñ | donner |
| respont | répondre |
| skrivañ | écrire |
