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Une base pour lire et écrire

L’alphabet breton

Il est constitué de 25 caractères. https://www.youtube.com/watch?v=ZFLrYo5XkZE

A B CH C’H D E F G H I J K L M N O P R S T U V W Y Z

Les voyelles

Elles sont au nombre de sept.

A [ɑ] TAP. E [e][ə] PEZEL. I [ɪ] TI. O [o] MOR & [ɔ] HOLL. U [y] FUN. OU [u] TOULL. EU [ø] TEUL.

Les consonnes

B [b] CH [ʃ] C’H [x] [h] D [d] F [f] G [g] H [h] [.] J [ʒ]
K [k] L [l] M [m] N [n] P[ p] R [r] S [s] T [t] V [v][w] W* Y* Z [z]

C’H fut créé en 1642 par Julien Maunoir (Haut-breton, il apprit le breton en une nuit à la chapelle Ti Mamm Doue en 1631). Il représente un /h/ plus ou moins guttural, suivant sa place et son rôle.
V représente tantôt le son [v] tantôt le son [w]. Il peut même disparaitre oralement entre deux voyelles.

Les semi-voyelles

W [w] A-WALC’H [a’walx]. Y [j] YAR [ja:r]. O [w] MOAL [mwa:l]. U [ɥ] SKUIZH [skɥi:s]. V [w] TEV [’tew].

Les caractères doubles courants

AO [o] AE [ɛ] OU [u] OÙ* GN [ɲ] GW [gw] [gɥ] NN [n] MM [m] RR [r] LL [l] ZH* (i)LH [ʎ]
AO comme le -au- français le plus souvent. TAOL [to:l]. Mais [’tawl] en léonais.
AE [ɛ] le plus souvent. KAER [kɛ:r]. Mais [’kaɛr] localement.
OU, LL, MM, NN et RR se prononcent toujours comme /OU/, /L/, /M/, /N/ et /R/.
[u] à l’ouest & [o][ɔw][əɥ] à l’est. Marque très souvent le pluriel : AVALOÙ, KLEMMOÙ mais AN ANKOÙ.
GN comme le -gn- français dans champagne. KIGNAT [’kiɲat]. SKRIGNAG [’skriɲak].
GW dans GWALENN [’gwa:lən] GWELE [’gɥe:le] GWIR [’gɥi:r].
ZH se prononce [z] ou [h] et peut aussi, mais rarement, être muet. Le SE (vannetais) préfère /h/ et le NO (léonais) /z/ : BREZHONEG [bre’zõ:nək], [bre’hõ.nək] & [brəhõnɛk]. Il existe de nombreuses interférences dans l’ensemble Cornouaille-Trégor : KAZH [’ka:s] mais KAZHEZ [’ka.ɛs]. ANEZHAÑ [’neã]. RAZH [’ra:s] mais RAZHED [’rahət]. BAZH [’ra:s] mais BAZHADOÙ [ba’ha:du]. POAZH [’pwa:s] mais POAZHAÑ [’pwahə].
C’est toute la magie et l’intérêt de l’écriture ZH qui fut utilisée à partir du XIX siècle et généralisée au début du XX siècle afin de réunir par le même signe ces deux prononciations issues le plus souvent d’un ancien *TH [θ] (ang. think) et parfois de *DH [ð] (ang. this).
Ñ est un caractère spécial qui marque la nasalisation de la voyelle précédente. On l’utilise ainsi depuis la moitié du XX° siècle. On n’entend pas [n]. Il n’a pas bonne presse depuis 2013 pour écrire les noms officiels.

FAÑCH. KLEÑVED. BLEUÑV. PLUÑV. PIÑSAÑ. DOÑV

Remarques

A est toujours nasalisé devant N (N), M (M) et GN : TAN. RANN. AMANN. MAMM. SPAGN. Quant à (i)LH, il marque le plus souvent le -ill français de tailler, camomille : MORAILH [’mo:raʎ] DILHAD [’diʎat].

L’orthographe unifié actuel, dit peurunvan en breton, appelé aussi parfois KLTG, fut progressivement adopté à partir de 1941-1942, bien que l’on trouve toujours des écrits en breton plus ou moins local. Si l’orthographe du breton standard moderne semble plus phonétique que celle du français, elle en est bien différente et cette dernière aidera difficilement l’apprenant à bien prononcer le breton.

Les mutations consonantiques

Une mutation, c’est une consonne initiale dont la prononciation se modifie selon des conditions grammaticales particulières. Ces mutations se retrouvent dans toutes les langues celtiques. Le plus souvent, elles marquent des cas grammaticaux, comme le faisaient les déclinaisons en latin. Bien que leur usage remonte au moins au VIIe siècle, lors à la perte du système de déclinaisons, on ne les écrira pas avant le XVIIe. En effet la réalisation des mutations fait son entrée dans les graphies en breton prémoderne, après le dictionnaire du père Maunoir de 1659. On voit ainsi les premières mutations écrites dans les Colloques (guide de conversation français-breton) du XVIIe siècle.

Elles sont l’angoisse de certains débutants en breton, car elles sont partout, à l’affut, mais on apprend à les dompter petit à petit en comprenant leurs fonctions et intérêts.

Les mutations concernent huit consonnes de la langue écrite. Chaque consonne mutante a au plus deux évolutions.
Mnémotechnique : Kasse TPipe Gueule DBois Marmonne Gwenola)

K G C’H
T D Z
P B F
G C’H K
D Z T
B V P
M V
GW W KW

Voici quelques exemples, tout venant.

Chatte se trouve dans le dictionnaire sous la forme kazhez. Pour autant une chatte se dira ur gazhez. Viande se trouve dans le dictionnaire sous la forme kig. Pour autant la viande se dira ar c’hig. Maison se trouve dans le dictionnaire sous la forme ti, mais ma maison se dira ma zi, et sa maison (à lui) e di. Galettière se trouve dans le dictionnaire sous la forme pillig. Pour autant une galettière se dira ur billig. Jambe se trouve dans le dictionnaire sous la forme gar, mais une jambe se dira ur c’har et votre jambe ho kar. Manger se trouve dans le dictionnaire sous la forme debriñ. Pour autant allons manger se dira deomp da zebriñ. Enfant se trouve dans le dictionnaire sous la forme bugel, mais aussi surprenant que cela puisse paraitre deux enfants se dira daou vugel et votre enfant ho pugel. Maman et vieux-vielle se trouvent dans le dictionnaire sous les formes mamm et kozh. Pour autant grand-mère se dira mamm-gozh, la grand-mère ar vamm-gozh et les grand-mères ar mammoù-kozh. Le lit de Yann se dit gwele Yann, mais votre lit se dira et s’écrira ho kwele... Autant dire que l’on ne peut les éviter.