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Kentel

Comme vous l’avez vu précédemment, le verbe être dispose d’une forme particulière au présent pour situer dans l’espace et dans le temps. « Être » est à comprendre comme « se trouver ».

Il se conjugue ainsi :

emaon je me trouve ’m(a)on
emaout tu te trouves ’m’out
emañ il/elle se trouve ’mañ
emaomp nous nous trouvons ’m’omp
emaoc’h vous vous trouvez ’m’oc’h
emaint ils/elles se trouvent ’maint
emaer on se trouve ’maer

Ainsi :
Pelec’h emañ an dud ? Où sont les gens ?
Er gegin emañ an dud. Dans la cuisine sont les gens.
Er gegin emaint. Dans la cuisine ils sont.

Comme toujours en breton l’on débute la phrase par le plus important :

Emaoc’h war an doenn ? Vous êtes sur le toit (simple description ou constat)
War an doenn emaoc’h ? C’est sur le toit /que/ vous êtes ? (pour insister sur le lieu ou répondre à la question pelec’h ? ?)
C’hwi zo war an doenn ? Vous, vous êtes sur le toit ? (pour insister sur le sujet ou répondre à la question piv ? qui ?)

Ce cours est l’occasion de faire connaissance avec des « prépositions ou adverbes de situation » :

A-dreñv derrière
A-us au dessus (sans contact)
A-zehoù à droite
A–gleiz à gauche
Dindan sous & dessous
Dirak devant
E-barzh dans & dedans
E-kichen à côté
En nec’h en haut
En traoñ en bas
Ouzh contre
War sur

Adlavaret

Pelec’h emañ ar c’hizhier ? Où sont les chats ?
Pelec’h emaout ? Où es-tu ?
War an doenn emañ ar c’hizhier ? Sur le toit, sont les chats ?
Petra zo ouzh ar voger ? Quoi est contre le / au mur ?
Ar skritell zo ouzh ar voger. L’affiche est au/contre le mur.
Piv zo a-dreñv an ti? Qui est derrière la maison.
Ni zo a-dreñv an ti. Nous, nous sommes derrière la maison.
A-dreñv an ti emaomp. Derrière la maison nous-sommes.
En traoñ emaon, n’emaon ket en nec’h. En bas je-suis, je ne suis pas en haut.
N’emaint ket e-kichen an ti. Ils ne sont pas à côté de la maison.
N’emaoc’h ket a-zehoù ? Vous n’êtes pas à droite ?
Nann, a-gleiz emaomp. Non, nous sommes à gauche.

Poelladennoù

Poelladenn 1

Poelladenn 2

Evit mont pelloc’h

Cette vidéo tirée du site Brezhoweb vous présente le verbe être en situation. Vous allez revoir ce que nous avons vu dans la leçon d’aujourd’hui.

Remarque remarquable :

Prépositions ou adverbes ? Une petite explication pour comprendre la différence ; ce que l’on peut faire et ce qui n’est pas possible.

Ouzh (contre) et war (sur) sont de vrais prépositions ; elles précèdent nécessairement un mot : ouzh ar voger au mur & war an dour sur l’eau. Ainsi elles ne peuvent en aucun cas s’utiliser seules.
Dindan (sous & dessous) ainsi que e-barzh (dans & dedans) sont des prépositions-adverbes. Elles peuvent donc précéder un mot ou terminer une phrase :

Lakait anezho dindan ! Mettez-les dessous !
Lakait anezho dindan ar gador ! Mettez-les sous la chaise.

Kouezhet eo ar c’hazh e-barzh ar ribod (= ba’r ribod). Le chat est tombé dans la barate.
Penaos eo aet e-barzh ? Comment est-il entré dedans.

A-zehoù à droite et a-gleiz à gauche, en revanche, ne sont que des adverbes qui ne peuvent précéder un mot en l’état.

Donc, si war n’est que la préposition sur, comment dira-t-on "il est dessus", et si a-zehoù ne veut dire que à droite, quand sera-t-il de à droite de la maison ? La réponse viendra peut-être plus tard.

Ha goût a rit ?

Beaucoup de noms de famille sont relativement simples à reconnaître lorsqu’il s’agit de noms décrivant les personnes, attribuant des métiers ou des lieux. Mais il est parfois difficile de reconnaître les noms anciens, notamment ceux liés à la guerre (ar brezel) qui point dans le nom Brezelec (attesté sous la forme Breseloc en 870 avec le sens de « guerrier »).

Kad combat se retrouve dans certains noms :
Cadec (Cat-oc qui aime le combat)
Cadiou (Cat-iou de nature belliqueuse)
Cadoret (Catuoret, Cat-uuoret secourable par le combat)
Canevet (Catnemed, cat-nemed sacré par le combat), ...

La présence du mot houarn fer est aussi un bon indicateur. Ainsi dans les noms :
Catouarn (Cathoiarn, cat-hoiarn fer de guerre)
Hascoet (Hoiarnscoeit, hoiarn-scoeit écu de fer)
Lo(u)ssouarn (Loeshoiarn, loes-hoiarn qui rejette/expulse par le fer)
Ehouarn, Nihouarn (Euhoiarn, Eu-hoiarn bon-fer), …

Le mot gour, qui désigne un homme voire un héros (Gouron) est présent dans Gourvil (Gurmil attesté en 870, empruntant le mot miles – soldat – au latin).

Gueguen (Uuicon attesté en 866), Guégant ou Guégan ont le sens de combattant.

Les noms d’animaux ont aussi inspiré bon nombre de patronymes guerriers.
Ainsi arzh ours, dans des noms comme Lars, Arzul, Arz(h)ur l’homme qui se bat comme un ours ou ki chien, à une époque où l’on employait des chiens de guerre dans les combats (Tangi, tan-ki, ardent comme un chien) que l’on retrouve au pluriel dans Conan.
On peut aussi citer le cheval, ar marc’h, dans Guivarc’h ou Guyomarc’h (de uuiu et march digne de posséder un cheval).

Ce ne sont là, bien sûr, que quelques exemples...

Geriaoueg

Voici les nouveaux mots que vous avez appris lors de cette leçon.

kegin*, ar gegin la cuisine
toenn*, an doenn le toit

Prépositions et adverbes de situation.

a-dreñv derrière
a-us au dessus, sans contact
a-zehoù à droite
a-gleiz à gauche
dindan sous, dessous
dirak devant
e-barzh dans/dedans
e-kichen à côté
en nec’h en haut
en traoñ en bas
ouzh contre
war sur